Toutes les choses qui ont fait ma vie.
Qui l'a font peut-être toujours.
Ou qui la feront un jour.
Je me rappelle ces gens.
Nombreux. Ou peu.
A mes yeux ils étaient nombreux. Beaucoup trop. Une multitude dont je me souciais. Dont j'aurais voulu le bonheur. Ou tout au moins le minimum de malheur.
Oui, je parle au passé. Beaucoup ne sont plus là. Enfin, ils existent. Proches ou lointains. Selon les personnes.
Les attaches. Un grand mot pour pas grand-chose, vous l'avouerez.
Des attaches momentanées. Plus ou moins longues.
Des attaches passionnées. Plus ou moins intenses.
Des attaches prenantes. Plus ou moins fortes.
Des attaches à sens. Sens unique ou double sens.
Un sens à une vie ?
Un but, un objectif, un Paradis à atteindre ?
Les attaches sont indispensables. Je l'admets maintenant. On ne peut pas vivre sans. On peut se mentir, affirmer qu'on ne tient à personne, essayer avec toute l'énergie de toutes les sources de désespoir de s'en convaincre puis d'en persuader les autres. Mais on s'attache toujours.
J'ai encore peur. Peur de m'attacher.
Peur parce que j'ai vu, j'ai senti, j'ai vécu le Mal qu'elles peuvent causer, ces attaches.
Peur parce que j'ai souri, j'ai ri, j'ai pleuré pour elles, pour ces attaches.
Peur parce que j'ai douté, j'ai vacillé, j'ai souffert pour elles, pour ces attaches.
Je sais mentir.
Je ne sais pas encore si je sais m'en passer lorsque le mensonge n'est pas indispensable.
Je ne sais pas encore si je peux crier toutes mes vérités.
Je ne sais pas encore si je pourrais encaisser toutes les conséquences.
Les questions s'emmêlent, s'entrechoquent, coïncident l'espace de quelques secondes, formant un début de réponse, un début de solution, un début de vérité. Un début de sortie.
La fin est utopique. La vie consiste au chemin pour y arriver. Trop d'éléments nouveaux sont rajoutés à chaque seconde. La fin de la réflexion n'arrive jamais, ne doit jamais arriver. Sauf si la réflexion est erronée. Dans ce cas là on peut recommencer du début. Comme Moi.
Je suis faible.
La remarque est blessante.
Mais évidente.
Je suis faible.
Nous le sommes tous.
Maigre consolation.
J'aimerais être forte.
Ça doit rester une chimère.
Dommage.